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Complications : artérite des membres inférieurs ou artériopathie oblitérante des membres inférieurs (A.O.M.I.)

Qu'est ce que l'artérite des membres inférieurs ou artériopathie oblitérante des membres inférieurs (A.O.M.I.) ? C'est une maladie des artères des membres inférieurs secondaire à l'athérome, favorisé par le diabète et les autres facteurs de risque cardio-vasculaire (voir le chapitre "complications - macroangiopathie"). Insistons sur le rôle néfaste du tabac, facteur principal d'athérome. Le risque de développer une A.O.M.I. est 10 fois plus élevé chez les fumeurs.

Quelles sont les manifestations (les symptômes) de cette atteinte ? Elle est au début asymptomatique, c'est à dire que vous ne ressentez rien. D'où l'intérêt des examens de dépistage systématique, à réaliser surtout chez certains diabétiques (voir le chapitre "complications - macroangiopathie"). Puis surviennent des douleurs aux jambes pendant la marche, une sorte de crampe qui apparaît toujours après une certaine distance (ce que les médecins appellent le périmètre de marche). Elle oblige à l'arrêt, ce qui fait aussitôt disparaître cette douleur, le muscle étant à nouveau oxygéné. Enfin peuvent apparaître des brûlures permanentes au niveau des orteils, surtout en position couchée, soulagées par la position "jambes pendantes". Alors des lésions de la peau (ce que l'on appelle des troubles trophiques) au niveau des extrémités (bas des jambes, pieds, orteils) peuvent apparaître à un stade ultime : ce sont des ulcérations avec leur risque de gangrène.

Comment savoir si vous souffrez d'A.O.M.I. ? Votre médecin recherchera une diminution ou une disparition des pulsations (pouls) au niveau des artères des jambes et des pieds. Mais c'est surtout l'échographie-doppler des artères des membres inférieurs qui doit être réalisée systématiquement chez certain diabétiques (voir le chapitre "complications - macroangiopathie"). Cet examen va "sonder" vos artères, étudier leur battement, et ainsi dépister des sténoses (rétrécissement) ; il est totalement indolore et sans risque. L'artériographie (photographie des artères après injection d'un produit de contraste iodé directement dans l'artère) permet de mieux préciser les lésions si un geste chirurgical est envisagé. Attention, en cas d'atteinte rénale, des précautions sont à prendre avant cette injection.

Quels sont les traitements médicamenteux de l'A.O.M.I. ? Les anti-coagulants et anti-agrégants (comme l'aspirine à faible dose) sont prescrits pour éviter la formation d'un thrombus, c'est à dire éviter qu'une artère se bouche au niveau d'une plaque d'athérome. Les médicaments vaso-dilatateurs peuvent diminuer la douleur à la marche.

Qu'est ce qu'une angioplastie coronaire, qu'est ce qu'un stent ? Si l'on constate un rétrécissement d'une artère lors de l'artériographie, on peut l'agrandir à l'aide d'un petit ballonnet gonflable que l'on introduit par la sonde d'artériographie. Une fois arrivé au niveau de la plaque d'athérome, on le gonfle pour écraser cette plaque et restituer un bon diamètre artériel : c'est ce que l'on appelle l'angioplastie. Dans le même temps que cette angioplastie, on placera un petit ressort cylindrique en forme de grillage qui maintiendra le vaisseau ouvert : c'est le stent. De cette manière, on évite une chirurgie vasculaire.

Quelles sont les techniques chirurgicales ? Si les techniques précédentes dites "endovasculaires" échouent ou sont impossibles, on peut avoir recours à la chirurgie de l'artère. La thrombo-endartériectomie (on ouvre l'artère et on retire la lésion obstruante) ne conserve que quelques rares indications. On préfère les techniques de pontage. Faire un pontage, c'est fabriquer une petite déviation par où passera la circulation sanguine pour contourner l'obstacle que constitue le rétrécissement. La forme de cette déviation est celle d'un petit pont, d'où le nom de pontage.

En dehors de ces traitements vasculaires, que devez-vous faire, aidé de vos médecins, en cas d'A.O.M.I. pour éviter une aggravation ? Il faut normaliser tous vos facteurs de risque cardio-vasculaires. En premier lieu le tabac doit être arrêté. Ensuite il faut un exercice physique régulier : une marche à pied quotidienne de 30 minutes 3 fois par jour, tous les jours, permet de développer une irrigation des muscles par d'autres artères plus petites (la circulation collatérale) qui suppléent à la grosse artère rétrécie. Ensuite, il faut une alimentation saine et équilibrée, non athérogène (cela veut dire qui ne favorise pas la survenue de l'athérome). Cette alimentation et cet exercice physique ont un effet direct sur le système cardio-vasculaire mais également un effet sur votre équilibre glycémique (revoir les chapitres diététique, et exercice physique).

L'équilibre tensionnel (voir le chapitre H.T.A.)et le bilan lipidique (voir le chapitre lipides) doivent être parfaits. Enfin votre diabète doit être équilibré avec un bon objectif d'HbA1c (voir le chapitre HbA1c).

Il est également essentiel de rechercher toutes les autres complications du diabète, aussi bien les complications de micro-angiopathie (oeil, rein, nerfs) que les autres complications de macro-angiopathie (artères coronaires, et artères du cou irriguant le cerveau). C'est donc le moment de réaliser une hospitalisation de semaine qui va permettre de faire le bilan et proposer la meilleure thérapeutique possible.

Vous devez également prendre soin de vos pieds pour éviter toute blessure. Cette question est tellement importante que nous lui avons consacré un chapitre entier - cliquez ici.

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